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40th birthday of AIJC

Bertrand Duboux
A l’époque de sa création, le 8 octobre 1976 à l’hôtel Michelangelo, à Milan, (suite à une réunion préparatoire tenue le 5 septembre 1976 aux mondiaux, à Ostuni), l’Association internationale des journalistes du cyclisme (AIJC) se préoccupait essentiellement d’améliorer les conditions de travail des professionnels de l’informaiton (envoyés spéciaux) sur les grandes épreuves du calendrier international. Elle voulait surtout renforcer les relations avec les organisateurs et les dirigeants du cyclisme. La presse était au cœur des problèmes qui se posaient. Plus tard, les photographes ont rejoint le mouvement pour donner du poids à leurs revendications et progressivement l’AIJC a ainsi été reconnue comme représentative des médias en général.

Ses présidents ont été Jean Regali (Suisse), Pierre Chany (France), Robert Janssens (Belgique), Bertrand Duboux (Suisse), Jean-Yves Donor (France) et Gilles Le Roch (France), auquel a succédé Raymond Kerckhoffs (Pays Bas) depuis octobre 2012.

C’est une poignée de journalistes spécialisés (12 présents), rendus inquiets par l’évolution et la dégradation de leurs conditions de travail sur le terrain, qui est à l’origine de cette initiative. Il fallait réagir, se faire entendre aussi bien des organisateurs que des dirigeants de la FICP (Fédération internationale du cyclisme professionnel) et de l’UCI afin de mettre de l’ordre dans la famille cycliste. Il fallait jeter les bases d’une nouvelle collaboration et cohabitation entre la presse écrite et audiovisuelle et les différentes parties prenantes de la compétition afin que tous puissent œuvrer en bonne harmonie à l’avenir.

Il est vrai que fin 1970 et jusqu’à l’arrivée de l’électronique et des nouvelles technologies, avec les téléphones portables, internet et les moyens de communication modernes, accomplir sa mission tenait souvent de l’épopée. Les conditions étaient précaires, les liaisons avec les rédactions souvent difficiles. Certes il était plus aisé qu’aujourd’hui d’approcher les coureurs et l’on pouvait encore suivre la course en voiture. Mais une fois en salle de presse surgissait la réalité du moment : difficulté à obtenir des infos, peu de communiqués, résultats tardifs, travail à la machine à écrire mécanique (sans logiciel de traitement de texte !), manque de lignes téléphoniques,  voire de télex, etc. Parfois manque de places de travail, de tables et de chaises, comme en 1975 au championnat du monde à Yvoir (Belgique) où beaucoup de confrères ont dû rédiger leurs papiers assis parterre, dans l’herbe, en attendant de pouvoir les transmettre avec à disposition deux standardistes débordés, deux lignes de télescripteur et quelques lignes de téléphone pour près d’une centaine de journalistes !

Après le Japon en 1990 et l’aventure sicilienne en 1994 (Palerme, Capo d’Orlando, Catane et Agrigente), où les badges avaient été distribués à volonté et sans contrôle, ce sont les mondiaux 1995 en Colombie qui faisaient souci ! Comme un remake de ceux de 1977 à San Cristobal (Vénézuela), avec plusieurs sites de compétition et centres de presse qu’il fallait aménager et faire équiper par des organisateurs locaux peu au courant des nécéssités et des exigences de la presse internationale. Sans parler du décalage horaire, des déplacements à l’intérieur du pays et de l’hébergement. Par deux fois il a fallu que notre ami Claude Sudres, alors délégué international de l’AIJC, précieux et infatigable collaborateur depuis les débuts, fasse le déplacement à Duitama, puis à Tunja et Paipa, pour se rendre compte de la situation sur place et anticiper, puis régler tous les problèmes qui ne manqueraient pas de se poser le jour des courses (protection contre les pluies tropicales, alimentation électrique, liaisons téléphoniques, etc). Cette année-là, l’UCI fonctionnait encore sans chef de presse et il avait fallu trouver un arrangement financier avec elle pour la prise en charge des frais de cette collaboration capitale à la réussite commune. Sinon la catastrophe était annoncée… Comme elle le fut d’ailleurs aux JO de Barcelone, puis à Atlanta, Sydney et Athènes où le cyclisme, avec l’entrée en lice des professionnels, n’était pas vraiment intégré à l’organisation des épreuves olympiques et où l’UCI avait du mal à se faire entendre du CIO !

Suite à ces expériences douloureuses, il a été négocié avec l’UCI un cahier des charges « presse » pour les championnats du monde route, piste et cyclocross. Celui-ci stipulait notamment que « l’organisateur est tenu de prendre totalement en charge les frais de voyage et d’hébergement du représentant de l’AIJC à l’occasion d’une reconnaissance sur les lieux des épreuves au moins un an à l’avance. » Une heureuse initiative qui a évité le pire en de nombreuses occasions. Jusqu’à ce que la fédération internationale se dote enfin d’un chef de presse attitré avec la responsabilité de l’accréditation des journalistes ainsi que la mise à disposition d’installations et de structures dignes de tels événements. Mais la transition ne fut pas sans conflits, notamment avec un certain signor Carpani, qui entendait régner comme un petit potentat alors que jusque là c’est l’AIJC qui avait accompli le travail dévolu à l’UCI !

Dans les statuts de l’AIJC, il est dit que celle-ci se réclame expressément de l’AIPS (Association internationale de la presse sportive) et en constitue la commission du cyclisme. Elle est ouverte aux seuls journalistes professionnels. En plus de la FICP et de l’UCI, elle est rapidement devenue l’un des interlocuteurs des principaux organisateurs (ASO, RCS, Unipublic), de l’AIOCC, l’AIGCP et l’AICPRO. Fin 1994, elle comptait quelque 350 membres mais beaucoup avaient du mal à s’acquitter de la cotisation, notamment les membres hollandais… d’où quelques problèmes financiers qu’il a fallu régler en recherchant des partenariats.

L’un des sponsors de l’époque, la société World Travel Agency, proposait également des billets d’avion à tarif réduit grâce à la précieuse collaboration de son représentant, Daniel Bélier. Pilote de presse sur le Tour de France pendant plus de trente ans, celui-ci fut dès 1995 au volant de la voiture que l’AIJC avait décidé d’accréditer à l’échelon « course » pour offrir une assistance occasionnelle et provisoire à des confrères qui en avaient besoin, le plus souvent étrangers et de passage.

L’AIJC était très active sur tous les fronts où surgissaient des problèmes relatifs à la presse (classiques, grands tours, principales épreuves de la saison, championnats du monde, etc). Son implication était nécessaire. Cela exigeait une grande disponibilité de son président et du délégué international, qui était indemnisé en raison de son incessante activité. Petit à petit la mise en place de structures nouvelles, modernes, efficaces a contribué à appaiser les tensions et à faire admettre ces améliorations souhaitées afin que tous les acteurs du sport cycliste y trouvent leur compte.

Bertrand Duboux
Trésorier dès 1982
Président 1990-1996